Le verdict est tombé ce mardi 27 octobre dans l’affaire de la Fédération algérienne de football (FAF). Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a condamné les anciens présidents Kheireddine Zetchi et Charaf-Eddine Amara à huit ans de prison ferme chacun, tandis que Djahid Zefizef a écopé de six ans. Plusieurs autres anciens responsables de l’instance fédérale ont également été condamnés à des peines de prison ferme.
Les sanctions ne se limitent pas aux trois anciens patrons du football algérien. D’anciens secrétaires généraux et responsables administratifs ont été condamnés à trois ans de prison ferme, tandis que plusieurs anciens membres du Bureau fédéral ont écopé de peines allant d’un à deux ans d’emprisonnement. Des amendes ont également été prononcées à l’encontre de certains prévenus.
Mais comment cette affaire, qui concerne plusieurs responsables s’étant succédé à la tête de la FAF, a-t-elle commencé ? Pour comprendre les enjeux de ce dossier judiciaire, retour sur les faits à l’origine des poursuites.
Retour sur le procès de la FAF : des soupçons de corruption et de détournement de fonds, comment cette affaire a éclaté ?
L’affaire de la FAF trouve son origine dans des enquêtes portant sur la gestion financière et administrative de la Fédération entre 2017 et 2023, une période qui couvre plusieurs mandats présidentiels. En effet, les investigations se sont intéressées à des contrats conclus par l’instance fédérale, en particulier dans le cadre de l’organisation du Championnat d’Afrique des nations (CHAN-2023) et de la Coupe d’Afrique des nations U17.
Les enquêteurs soupçonnent plusieurs irrégularités dans l’attribution de marchés publics et la conclusion de prestations, dont certaines auraient été réalisées sans mise en concurrence ou en violation des procédures en vigueur. Le dossier porte également sur des dépenses et des avantages considérés comme injustifiés.
Les poursuites visent notamment des faits présumés de passation de marchés en infraction avec la législation, d’octroi d’avantages indus, d’abus de fonction, de détournement de fonds publics et de blanchiment d’argent. Ces infractions sont notamment prévues par la législation algérienne relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.
Affaire de la FAF : ce qu’il faut savoir sur le dossier qui a fait tomber ses anciens dirigeants
Les responsabilités présumées des anciens présidents figurent parmi les principaux volets de l’affaire. Kheireddine Zetchi a été notamment mis en cause pour la signature de plusieurs contrats jugés litigieux par les enquêteurs. Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef ont été, pour leur part, poursuivis pour ne pas avoir mis fin à certains contrats concernés ni signalé les irrégularités relevées au cours des investigations.
Sur le plan judiciaire, Kheireddine Zetchi avait été placé en détention provisoire en novembre 2024 dans le cadre de cette affaire. Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef avaient initialement été placés sous contrôle judiciaire dans ce dossier, avant d’être incarcérés dans le cadre de procédures distinctes concernant respectivement les groupes publics Madar et Agrolog.
Le procès, consacré à la gestion de la FAF sur la période 2017-2023, a finalement abouti au verdict rendu ce 27 octobre. Cette décision constitue une étape majeure dans une affaire qui a mis en cause plusieurs anciens responsables de l’instance dirigeante du football algérien.
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