À l’ère du football moderne, la présence d’influenceurs dans les tribunes est devenue un élément presque incontournable du décor. Leur exposition, amplifiée par la diffusion permanente d’images depuis les gradins ou les espaces VIP, peut créer une atmosphère immersive pour le large public. Mais lors de la Coupe arabe 2025, cette tendance a franchi un seuil critique du côté de la sélection algérienne A’. Au point de peser lourdement sur le rendement sportif des joueurs. Le débat, loin de s’éteindre, continue d’enflammer les réseaux sociaux.
C’est sans doute l’un des éléments les plus contestés de cette Coupe arabe 2025. La présence massive d’influenceurs autour de la sélection algérienne a suscité une vive polémique après l’élimination aux portes de la demi-finale de la Coupe arabe 2025. Sur la toile, de nombreux internautes ne sont pas allés par le dos de la cuillère : leur présence a été un facteur perturbateur pour l’équipe d’Algérie A’. Un détail révélateur est venu cristalliser les critiques : à la veille du match décisif face aux Émirats arabes unis, les portes de la sélection ont été ouvertes à ces figures des réseaux sociaux, jusque tard dans la nuit.
Soutenir l’équipe nationale est un droit légitime pour tout Algérien. Mais la frontière entre encouragement et intrusion semble avoir été franchie. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer des joueurs totalement concentrés lorsqu’ils sont sollicités pour des photos, des vidéos ou des échanges informels à quelques heures d’un rendez-vous capital. Ce bain nocturne d’influenceurs a laissé des traces, tant sur le plan mental que dans la performance collective du lendemain.
Coupe arabe 2025 : influenceurs, des réactions démesurées uniquement pour le buzz
Sur les réseaux sociaux, la réaction des supporters ne s’est pas fait attendre. Nombre d’entre eux ont tiré à boulets rouges sur certains influenceurs, accusés de privilégier leur image personnelle au détriment de l’intérêt sportif. Des scènes jugées artificielles ont particulièrement choqué : mises en scène de larmes, vidéos calculées avec des supporters adverses pour séduire un public au-delà des frontières, tout cela dans une logique à peine déguisée de buzz et de clics.
Pour beaucoup de fans, ces comportements sont à mille lieues du supporter lambda, celui qui se déplace avant tout pour vivre intensément les 90 minutes d’un match. Certes, la Coupe arabe a permis à certains créateurs de contenu de gagner en visibilité dans l’ensemble du monde arabe. Mais elle a aussi écorné leur crédibilité. D’autant plus que, dans le même temps, certains ont brillé par leur absence lors d’initiatives nationales majeures, comme la campagne de reboisement des forêts, renforçant l’idée d’un engagement à géométrie variable.
Pointer uniquement les influenceurs serait une lecture incomplète du problème. La responsabilité première incombe à celui — ou ceux — qui leur ont ouvert la porte, dans une logique assumée de visibilité et de vues plutôt que de performance sportive. En autorisant cette proximité à la veille d’un match décisif, on a privilégié l’exposition médiatique au détriment de la sérénité du groupe. Le football de haut niveau exige des choix clairs : entre le buzz éphémère et l’exigence du résultat, l’équipe d’Algérie a payé le prix d’une confusion aux conséquences lourdes.
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