En conférence de presse, celle-là même qui a acté l’annonce de sa démission, le sélectionneur de l’équipe d’Algérie A’, Madjid Bougherra, a mis le doigt sur un élément clé qui a lourdement pesé dans l’élimination des Verts aux portes de la demi-finale de la Coupe arabe. Un aveu lucide et amer, qui éclaire d’un jour nouveau la fin de règne de l’Algérie locale.
« Je ne voulais pas risquer en faisant entrer certains joueurs qui étaient blessés », telle a été la déclaration de Madjid Bougherra, désormais ex-sélectionneur des A’, au moment d’analyser le match qui a vu l’élimination de l’équipe nationale A’ en Coupe arabe 2025. Le manque de profondeur du banc a été criant tout au long de la rencontre. Bougherra n’a pas cherché à se défausser. Contraint de faire entrer des joueurs diminués, parfois blessés, pas réellement prêts pour un rendez-vous de cette intensité, le sélectionneur a reconnu les limites de son groupe. Une réalité qui ramène inévitablement au cœur du débat la composition même de sa liste.
Bougherra s’est tiré une balle dans le pied : le prix du « social » !
Car c’est bien là que se situe le nœud du problème. Bougherra, reconnu pour son intégrité, son sens humain et sa bonté, a, par loyauté, par reconnaissance, peut-être aussi par bonté de cœur, fait appel à des joueurs qui n’avaient ni le niveau, ni l’état de forme requis pour défendre un titre. Une décision qui se voulait « humaine », mais dont les conséquences ont été très lourdes sportivement. À ce niveau de compétition, l’erreur ne pardonne pas. Certains joueurs n’ont pas répondu présent, d’autres ont clairement failli, et l’équipe en a payé le prix fort.
En voulant faire confiance à certains , Bougherra a oublié l’essentiel : une mission nationale ne se gère pas comme un projet social. La Coupe arabe exige des choix forts, parfois injustes en apparence, mais nécessaires. En se montrant trop indulgent, le sélectionneur s’est tiré une balle dans le pied, sacrifiant l’équilibre et la compétitivité d’un groupe pourtant champion en titre depuis 2021.
L’élimination de l’Algérie A’ ne se résume donc pas à une séance de tirs au but perdue. Elle est le résultat d’une accumulation de décisions, d’un banc trop court et d’un excès de bienveillance là où seule la performance devait primer. Bougherra l’a compris trop tard, au moment de quitter la scène, avec la lucidité de celui qui assume ses erreurs, mais aussi avec le regret de n’avoir pas su être plus dur quand l’histoire l’exigeait.
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