La trahison de Rabat : voici comment Motsepe et sa CAF ont poignardé la Coupe d’Afrique pour satisfaire la FIFA

Coupe d’Afrique, CAF, Patrice Motsepe et Gianni Infantino

Dans les manuels d’histoire du continent africain, certains dirigeants ont souvent tendu un pont d’or à des puissances étrangères, leur ouvrant l’accès aux richesses du continent au détriment de l’intérêt général. Ce qui s’est joué aujourd’hui à Rabat s’inscrit dans cette lignée. La Confédération africaine de football a entériné un bouleversement majeur du calendrier de sa compétition la plus emblématique, celle qui fait vibrer tout un continent : la Coupe d’Afrique des Nations.

Réuni en comité exécutif, l’organe dirigeant de la CAF a ainsi acté la tenue de la CAN tous les quatre ans, et non plus tous les deux ans comme le voulait la tradition. Un tournant présenté comme une décision « en faveur des clubs et des sélections ». Pourtant, dès que l’on prend la peine d’examiner le dossier avec un minimum de recul, ce « simple » ajustement de calendrier révèle des enjeux bien plus profonds qu’une réorganisation calendaire.

La Coupe d’Afrique est morte : la CAF s’allie au diable et vend son âme

De par son aura et sa portée symbolique, la Coupe d’Afrique des Nations incarne l’âme même du football africain. En espacer la tenue de ses éditions, c’est porter un coup sérieux à ce qui fait battre le cœur sportif du continent. Et les déclarations de Patrice Motsepe, qui se félicite d’une augmentation de la prime du vainqueur à 10 millions de dollars contre 7 auparavant, ne font que le confirmer. En effet, nul besoin d’être expert en économie pour constater l’absurdité de l’argument. Toucher 7 millions tous les deux ans reste bien plus avantageux, pour les fédérations et les sélections, que 10 millions tous les quatre ans.

L’argument de « l’allègement du calendrier des sélections » peine lui aussi à convaincre. Car les sélections véritablement soulagées par cette décision ne semblent pas être celles du continent africain, mais bien celles d’Europe.

Motsepe / Infantino : l’heure de la redevance, et de l’allégeance

Pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui s’est passé aujourd’hui à Rabat, qui n’est autre qu’une autre tache de honte pour Motsepe et ses compères, il faut revenir quelques moins en arrière. Sauvé politiquement par Gianni Infantino à un moment où sa position à la tête de la CAF était fragilisée, Patrice Motsepe paraît aujourd’hui régler l’addition. En éloignant les éditions de la Coupe d’Afrique, il entérine son allégeance à la FIFA et à sa logique, qui privilégie le football européen, les clubs surpuissants, l’accumulation de compétitions et l’inflation financière, souvent au détriment de la qualité du jeu.

Déjà régulièrement remise en cause à cause de son organisation hivernale, la Coupe d’Afrique des Nations se retrouve ainsi officiellement sacrifiée par son propre président. En se pliant aux exigences de ses suzerains européens, Motsepe poignarde la compétition de son continent. Un acte moderne de soumission, aux lourdes conséquences pour l’avenir du football africain.

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