Après une élimination aussi contestée, la logique voudrait que des têtes tombent. Pour l’heure, ce n’est pas encore le cas d’Aïssa Mandi.
Tout le monde l’annonçait déjà sur le départ. Pourtant, Aïssa Mandi n’a rien acté. Après l’élimination de l’Algérie face à la Suisse, le défenseur le plus capé des Verts entretient le flou autour de son avenir international. Entre rumeurs insistantes, performances très critiquées et une lisse sortie médiatique en zone mixte, une seule certitude émerge : la vérité sur sa retraite est bien différente de ce qui circule.
En effet, alors que de nombreux médias ont annoncé sa retraite internationale, dans la foulée de l’annonce de Riyad Mahrez, conséquence attendue d’une Coupe du monde 2026 largement insuffisante de sa part, la réalité est tout autre. Fort de ses 122 sélections, le défenseur de l’équipe d’Algérie n’a rien officialisé. « Le moment n’est pas propice à de telles décisions. On doit penser à l’équipe avant de penser à soi-même », a-t-il confié au micro de La Gazette du Fennec, en zone mixte, après l’élimination des Verts face à la Suisse en seizièmes de finale. Une sortie qui traduit une absence de décision claire.
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Mandi, forcer le destin jusqu’au bout ?
Très critiquable tout au long de cette campagne mondiale ratée des Verts, Aïssa Mandi a affiché des signes inquiétants de déclin. Lent, souvent dépassé, parfois naïf dans ses interventions, le joueur le plus capé de l’histoire de la sélection algérienne de football, également vice-capitaine, s’est imposé malgré tout comme un élément central… au détriment de l’équilibre collectif.
Si ses prises de parole restent lisses, évoquant « un engagement sans faille », la réalité du terrain raconte une toute autre histoire. À l’heure où des profils plus dynamiques et plus en forme étaient disponibles, Mandi a continué d’enchaîner les titularisations, imposant sa présence match après match, sans réellement justifier ce statut d’incontestable. Un choix lourd de conséquences pour une équipe en quête de solidité.
Il ne s’agit pas ici d’un règlement de comptes, mais d’un constat lucide. Sur le terrain, le leadership attendu n’a jamais émergé. De l’Argentine à la Suisse, en passant par la Jordanie et l’Autriche, la majorité des buts encaissés par les Verts portaient le même cliché : celui d’un Aïssa Mandi en difficulté, dépassé par les événements.
L’attitude, l’autre zone sombre d’Aïssa Mandi
Exemplaire en dehors du terrain, irréprochable dans son hygiène de vie, toujours à l’heure à l’entraînement, Aïssa Mandi incarne le professionnalisme du sportif de haut niveau. Pourtant… c’est ailleurs que le bât blesse. Depuis plusieurs années, ce ne sont plus ses garanties défensives qui parlent, mais ses limites. Et, plus inquiétant encore, son attitude.
Toujours prompt à venir présenter ses excuses aux supporters après chaque débâcle, le geste est louable. Mais il faut bien le dire : être présent sur une scène de crime à plusieurs reprises propulse inévitablement la personne au rang des suspects. À force de répétition, s’excuser ne suffit plus lorsque les mêmes failles se répètent.
Durant cette Coupe du monde, plusieurs échos venus des coulisses évoquent un Aïssa Mandi dépassant son rôle, s’immisçant dans des décisions qui ne relèvent pas uniquement du terrain, notamment sur le statut de certains coéquipiers. Une posture qui peut sembler naturelle après plus de douze années en sélection, mais qui, dans ce contexte précis, interroge et fragilise l’équilibre du groupe.
Car au-delà du respect dû à son parcours, une évidence s’impose : nul statut, aussi légitime soit-il, ne doit prendre le pas sur l’intérêt du maillot national.
Le temps semble désormais venu. Celui d’un passage de témoin, d’une décision assumée. Celle que beaucoup attendent, et qui tarde encore à être annoncée : la retraite internationale.
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